Sommes-nous paresseux?

Il suffit parfois de peu de choses pour semer la contreverse.  Un commentaire tiré d’une statistique selon laquelle les Québécois travaillent légèrement moins d’heures que le reste du Canada.  Il faut aussi un journal pressé d’afficher l’insulte en carractères gras et en lettres majuscules “Les Québécois sont paresseux!”  Et voilà: le scandale est lancé.

Je travaille quarante heures par semaines, je fais très rarement des heures supplémentaires et j’en suis contente.  Il y a des journées, trop fréquentes, ou tout va de travers, je reçois une quarantaine de courriels, beaucoup d’appel; je dois refaire des documents; je dois dépaner tout le monde et assister à de trop longues réunions.  Je rentre chez moi épuisée, parfois stressée et qu’est-ce que je vois : un journal qui me dit que je suis paresseuse, ou du moins, que j’appartiens à un peuple de paresseux.

J’ai réagit comme tout le monde, je me suis sentie insultée.  Puis, j’ai regardé autour de moi et je me suis dit: vraiment?

J’ai alors constaté du laissé-aller, un peu partout.  Et là je ne vise personne, et je ne cherche pas à généraliser.  D’un côté, il y a des syndiqués qui n’attendent que d’avoir leur permanence pour ralentir le rythme.  Il y a aussi les syndicalistes qui insitent les bons travailleurs à se tenir tranquille pour éviter la compétition entre collègue.  De l’autre, il y a les enfants-rois qui arrivent sur le marcher du travail et qui veulent tout, tout de suite, sans faire aucun effort.

Mais, est-ce un comportement généralisé ou marginal?  J’ai beau regarder la statistique, elle ne montre qu’un chiffre englobant l’ensemble du Québec.  Tient-elle compte du vieillissement de la population, envoyant de plus en plus de gens à la retraite?  Tient-elle compte des emplois précaires et à temps partiel, sans doute plus fréquents dans une société où les PME prenent plus de place?  Tient-elle compte des mises à pied massives dans le secteur du bois d’oeuvre?  Tient-elle compte de la crise de la vache folle?  Tiens-t-elle compte du nombre important de familles monoparentales où le chef de famille doit s’occuper seul de sa famille en plus de son travail?

On ne peut pas enfermer une société derrière une simple et unique statistique.  Un peuple, c’est une tapisserie de diversités.

Cependant, je me dois de lancer un avis à ceux qui se cache derrière une convention collective ou autre excuse.  Quand je travaille, je vends un service à l’entreprise qui m’emploie.  Comme vous, je refuse d’être exploitée et j’aime la sécurité d’emploi.  Cependant, j’ai promis des heures contre de l’argent et je tiens mes promesses.  C’est une question d’honneur, de fierté.  Peut importe les ressentiments que je pourrais avoir contre mes employeurs, je donnerai toujours le meilleur de moi-même.  Pour moi, pour le bien de l’entreprise (et donc la sauvegarde

de nos emplois), pas pour un syndicat et pas pour un patron.

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